Démarche / Approach

English below

La vitre de l'éternité «J’observe avec horreur un futur antérieur dont la mort est l’enjeu.»
Roland Barthes, La chambre claire (notes sur la photographie)

 

 

 

Je m’intéresse à la rémanence et à la fragilité des images, à leur processus de monstration qui porte de toutes façons la trace d’une absence.

Le souvenir ainsi que les images qui en relèvent sont le domaine privilégié de mes recherches, c’est-à-dire les images qui rendent présents des faits, des événements, des personnages qui appartiennent au passé, qui ont disparu.
Le souvenir est narration et pont.
Il est illusion d’optique : il déforme le passé pour le rendre présent, et dans la jonction des deux, permet de (re)créer une réalité.
L’image se trouve pour moi à la jonction de ces deux moments.

En particulier, la transparence du matériau m’intéresse pour sa fragilité, son aspect fantomatique, sa capacité à éblouir jusqu’à la complète disparition de l’image.
J’utilise donc dans mes installations la projection vidéo, des matériaux permettant un travail de lumière (plexiglas, panneaux lumineux, leds), tout ce qui interroge la transparence, l’évanescence…
Pour moi ombre et lumière sont en fait une seule et même chose, tous deux mènent à la disparition.

De plus en plus, je fais intervenir des parts de réel dans les images ou les installations : des corps de danseurs ou performers, des éléments (vent, air, feu), des animaux. L’aléatoire du vivant rend le travail plus fragile encore, plus mouvant, sensitif et réactif.

 

Mon travail s’autorise différentes formes : vidéo, super 8, photographies, installations…
A travers ces formes singulières je cherche toujours à interroger le regard, les particularités de l’acte de voir, la manière de montrer les images, la place et le rôle du spectateur.


I observe with horror an anterior future of which death is the stake”
Roland Barthes, La chambre claire (notes sur la photographie)

I’m interested in the persistence and fragility of the images, their demonstration process that carries in any way the trace of an absence.

The memory and the images related to it are the main domain of my research, that is to say images that make present facts, events, characters that belong to the past, and which have disappeared.

The memory is narration and bridge.

It is an optical illusion: it distorts the past to make it present, and in merging the two, allows a reality to be (re) created.

The image is for me at the junction of these two moments.

In particular, I’m interested in the transparency of the material for its fragility, its ghostly appearance, its ability to dazzle until the complete disappearance of the image.

So I use in the installation of my video projection materials allowing a play of light (plexiglass, light panels, LEDs), anything that questions the transparency, evanescence …

Light and shadow are actually for me one and the same thing, both leading to the disappearance.

My work allows itself different forms: video, super 8, photographs, installations …

Through these singular forms I always seek to question the gaze, the particularities of the act of seeing, the way of showing the pictures, the place and role of the viewer.